Archives pour la catégorie Voyage

2017 une année particulière…

      Mes publications  sur mon blog ou FB me servent (aussi) de repères spatiaux temporels personnels… compensant ma mauvaise mémoire naturelle… depuis déjà quelques années, une sorte d’auto censure avait créé une rupture de ton dans mes publications, passant de l’intime/sensible (2009) à l’informatif/distancié (2012)… tout cela depuis la séparation avec la maman d’Elsa, nous avons ainsi choisi une vie en alternance, une semaine avec ma fille/cadeau, une semaine avec mon travail/passion… le temps à passé ainsi, toujours trop vite… délaissant aussi peu à peu ma sur activité personnelle  (Aïkido, Tai Chi, Qi Gong…) par manque de temps ? peut être pour apprécier aussi le temps du non faire ? Tout cela à été… maintenant cette année 2017 est particulière? Elsa vient d’avoir 8 ans, a perdu quelques dents de façon naturelle… puis mordue par un chien au visage et guéri de façon sur-naturelle.. j’écrit ce texte en vrac, de la ”presque campagne” du presque Avignon qu’est l’Ile Piot, à 5 minutes en vélo… en quelques mois de ce 2017, j’ai vendu mon appartement sous les toits d’Avignon, mon atelier/galerie du rez de chaussée, déménagé 30 ans de vie, de meubles, de souvenirs, de photos, jeté quelques milliers de diapositives puis je suis parti sans me retourner, parce que c’était difficile… mais rien ne m’y obligeait… et ça s’est fait comme je l’ai dit, j’ai trouvé miraculeusement une maison sur l’Ile avec des arbres et des oiseaux, j’ai mis une balançoire entre 2 arbres, le matin j’ai le soleil qui se lève sur la fenêtre devant le Rhône (qui de là ressemble à la mer), derrière il y à un tilleul et un poulailler… il y a aussi un cèdre du Liban, comme celui de la maison d’Apt où je suis né, mais là encore, tout à été un peu assassiné/morcelé et je l’ai aussi perdu (le cèdre)… mon projet est de remonter un autre espace pour la photo dite “alternative”, encore avec les techniques du XIX eme siècle, mais avec des vrais poules pour les tirages à l’albumine et de l’eau du Rhône pour la “révélation”… encore beaucoup de travail en perspective, car tout est encore dans des cartons, introuvables évidement… 2017 c’est une année 1 … le début d’un nouveau cycle…

100doi ret DSC_0149… Merci à Thomas Bohl pour son aide, sa photo et son texte touchant, et aussi merci à François Porphire descendu plusieurs fois de Paris pour m’aider…

Pour tourner la page de 2016…

Elsa 7 ans

            Pour tourner la page de 2016, et aller vers l’énergie du “1” de 2017… une photo de ma fille Elsa 7 ans 1/2, comme ça, pour rien, avec ses cheveux courts elle ressemble un peu à Anna Akhmatova la poétesse Russe… ensemble nous sommes allé voir « la jeune fille sans mains », un chef d’oeuvre du film d’animation de Sébastien Laudenbach, et moi tout seul le lendemain, j’ai plané toute la journée après la vision du film “Paterson” le dernier Jim Jarmusch… d’une incroyable sensibilité… d’une infinie justesse… d’une infinie tendresse… le bonheur… je réalise aussi un peu plus la pauvreté de mes mots, pour exprimer un ressenti ou une expérience personnelle…

La collection Chtchoukine à la Fondation Louis Vuitton

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     Paris La collection Chtchoukine à la Fondation Louis Vuitton, il est rare de voir autant de chefs d’oeuvres de l’art moderne dans une seule exposition, et même probablement, dans un seul et même musée dans le monde… Cézanne, Gauguin, Matisse, Picasso, Monet, Van Gogh, Derain, le Douanier Rousseau… etc, etc… une salle de Gauguins incroyablements beaux, pareil pour les Matisses explosants de couleurs… idem pour les autres peintres,  le seul problème c’est le nombre trop important de spectateurs ! mais allez y quand même, c’est jusqu’en février 2017

Gauguin

impro spontanée Butô/flûte/piano dans l’église haute désacralisée de Banon 04150

   Le Butô est la danse de l’instant, la danse de la vie… le danseur se laisse emporté de l’intérieur par ce qui le traverse … à l’expo de Banon où j’étais “de garde” Florence B vient à passer… prenant ma flûte et, avec la présence du piano il se met en place dans le silence et les mouvements des visiteurs une improvisation à travers les oeuvres et la magie du lieux …

L’exposition de Banon est prolongée jusqu’au 16 octobre 2016…

Expo Alexandre Hollan à Lodève & Yan Pei Ming à Sête

   Dimanche 11 septembre 2016, journée de “vacance” … voyage à Lodève pour l’expo de Alexandre Hollan…
Si j’ai trouvé l’expo un peu “maigre” au niveau du nombre des oeuvres exposées, j’ai découvert un homme de 83 ans beau, calme et serein, capable d’exprimer avec des mots justes la complexité de l’Homme, de son acte créatif face à son sujet obsessionnel que sont les arbres… ce que je partage avec lui… moi j’ai du mal à accepter la différence entre le sentiment que je vis au moment de la prise de vue et la réalité de ma perception après le développement et le tirage… c’est ce qui me pousse après coup à chercher avec des procédés “alternatifs” à réinterpréter pour retrouver cette énergie primordiale ressentie sur le terrain… mais je n’arrive pas à en parler comme lui…

je le cite.
– Appel de la profondeur, car le monde quotidien est sans lumière, même quand le soleil inonde mon atelier. Oui je crois que les ténèbres c’est “moi”, ma peur, ma vanité, ma ruse, mes amours, mon art… et je dois faire avec”, je dois les traverser pour atteindre la lumière, peut-être. C’est si important de ne pas me confondre avec moi même. (8.10.91)
Le monde autre qu’humain, le monde de la nature est habité par l’inconnu. Certains arbres sont des portes (10.89)
L’arbre existe sans moi. Devant l’arbre ma chance est d’entrer directement en contact avec l’inconnu, avec le “pas moi”. Cela donne un sentiment de liberté. (8.93)

       « Dans ces notes sur la peinture et le dessin qui interrogent au plus près de son surgissement l’expérience picturale, Alexandre Hollan réfléchit en poète sur cette “force nouvelle” qui émane des impressions produites par le monde extérieur, une force “qu’il faut comprendre et sauver »
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Ensuite les petites routes nous mènent à Sète, avec les premières effluves de la mer que nous ne goutons pas… direction le CRAC ! pour l’expo Yian Pei-Ming… au titre évocateur de “Ruines du temps réel”… peintures récentes de 2013 à 2016 réalisées pour son exposition à Rome.
Géant ! presque tout en noir et blanc…
Je cite un passage de la feuille de visite remise aux spectateurs…
– « Des  paysages, à la résonance intemporelle, révèlent toute leur puissance allégorique. L’enfouissement ou le surgissement des formes figuratives dans la matière picturale et la couleur de l’heure bleue évoquent un monde à la dérive. le titre de l’oeuvre “Paysage international , nouveau lieu du crime” déstabilise la réalité picturale de ce que nous voyons. La fresque animalière “A l’est d’Eden », représentant une scène de bataille entre des animaux prédateurs et leurs proies, est une métaphore des combats actuels, liée au récit des origines… » je réalise que c’est un grand peintre en me rapprochant d’une toile de 5 m x 10 m et en regardant les détails faits spontanément au trait et sans retouche… là j’ai pensé à faire quelques photos de prés avec mon petit appareil numérique, et j’ai attrapé ce singe.

Yan Pei-Ming

Yan Pei-Ming (détail)

les cendres d’Odile…

     La Saab tombe en panne sur l’autoroute entre Alberville et le col de la Madeleine… dépanneuse, remorquage … Taxi jusqu’au refuge des Fées après Cellier… puis la piste en Quad à fond la caisse… puis à pied jusqu’au sommet … j’arrive en retard, comme je l’ai toujours été… les cendres d’Odile sont déjà dans les limbes… la brume s’est levée d’un coup… il reste un cairn fait  avec les pierres prises sur le chemin par les amis… je pose mes 4 cailloux, un pour Elsa, un pour Marie, un pour moi, et un pour tous les gens qui n’ont pas pu venir… il me reste juste 1 photos dans le Leica,  je ne peux pas m’empêcher  de la faire… je n’arrête pas de penser à ce qu’elle doit penser… je ne suis pas totalement présent… je me pardonne…

72-dpi-Scan-NB-pls-ret-2-blog.jpg                                 « La « Rhétorique de l’image de Barthe » introduit l’« avoir-été- là », et reconnaît dans la photographie une catégorie nouvelle de l’espace-temps, locale immédiate et temporelle antérieure : « La photographie installe non pas une conscience de l’être-là de la chose (que toute copie pourrait provoquer), mais une conscience de l’avoir-été-là. » « 

RETOUR …

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         Le jeune homme mélancolique que j’étais sur cette photo se retrouve des dizaines d’années plus tard isolé dans ce monde… dans sa quête… avec ses blessures… il redescend de ces montagnes du Beaufortain avec son appareil photo… retrouve les « blaireaux »… il tend le bras vers sa bibliothèque et ouvre un livre de Claude Mettra qui décrit exactement son paysage intérieur…
Là bas « Il y avait dans la lumière ce blanc fugitif qui donnait le sentiment de l’infini habité, mais qui arrivait toujours dans la complicité de l’ombre, qui était comme le négatif du noir, comme un métal qu’aucune chimie spirituelle n’aurait pu restituer à son état primitif… »
Cette photo d’identité de moi dans les années 70 « traduit le malheur d’une conscience ignorante de son but lointain, le drame d’une imagination somptueuse qui se heurte sans cesse aux visages fuyants et dérisoires du réel. Mais la tristesse du coeur, la nostalgie de l’attente et cette tension tragique vers la plénitude d’un monde encore ignoré sont un appel aux puissances du dedans, qui sont promesses de paix »… ( C Mettra)