Archives pour la catégorie Réflexion

« la disparition des lucioles »

         Mardi 25 novembre, dernier jour de l’exposition « la disparition des lucioles » à l’ancienne prison St Anne du centre ville d’Avignon… je me souviens, enfant, je mettais les lucioles dans un bocal pour faire des lampes de poche… il me reste aussi ces souvenirs étranges qui datent seulement d’une douzaine d’années… C’était en fonction de la direction du vent… De mon appartement dans le quartier des Carmes, on entendait les cris des familles qui tombaient du rocher des Doms vers la ville… ça dérangeait nos bonnes consciences… c’était avant la disparition des lucioles… aujourd’hui il était important pour moi d’aller voir cet endroit, mais je regrette de le faire le dernier jour… comme d’habitude…

Cette exposition me laisse une impression étrange … impression différente selon le regard que j’ y pose… 
Si certaines oeuvres anciennes de la collection Lambert ou de l’italien Enea Righi fonctionnent comme par magie avec le lieu, je remarque qu’il y a eu très peu d’oeuvres de commandes, comme par exemple la belle installation en triptyque de Yan Pei-Ming , réalisées spécifiquement pour cet événement, et ça c’est dommage… j’avais parfois aussi le sentiment que l’accrochage avait été fait par nécessité de remplir les cellules, ou pour faire de la place pour les travaux des futurs locaux de la Collection Lambert … en tout cas pour moi, certaines oeuvres étaient là sans raison, sauf celle de remplir l’espace, et cette accumulation tendait à égarer le spectateur… Combien de visiteurs fatigués ont pris le temps de regarder les 2 seules vidéos de témoignages de détenus et les quelques documents d’archives assez bouleversants… 
Je me pose la question comme beaucoup sur l’avenir de ce lieu de mémoire… mais nous sommes déjà après la disparition des lucioles… à une époque où on nous demande juste de cliquer sur un bouton unique … on n’entend plus les cris mais les cris sont toujours là…

Yan Pei-Ming-72dpi_2386oeuvre de Yan Pei-Ming, une des trop rares commandes de cette exposition…

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72Elsa et s copine vont au Gardon

… partager avec vous cette photo d’Elsa et sa copine qui marchent vers la lumière… un festival d’Avignon bizarre… ses affiches bêtes comme une mauvaise série de tv que je n’ai pas… les hurlements des matchs de foot ont cessés bien avant la fin… pas de feux d’artifice…  mais beaucoup d’artifices… les acteurs se « tractent » entre eux… les gens mangent leur glaces… les gens n’osent pas rentrer dans mon atelier… je me retire sur mon toit…. j’ai toujours la blessure de la maison… de la famille… j’observe Elsa dans ses joies simples… j’ai lu tout les livres… je sais tout… je sais que je ne sais rien…

La maison d’Apt suite et fin…

Extrait du commentaire: 
Une tendre pensée… cette maison… toi… Apt… l’enfance… nos mères… nos deuils… et puis un tas de souvenirs… des photos prises dans le jardin. M F

Amie disparue, très étrange de lire de tes nouvelles aujourd’hui par hasard via ce commentaire dans une autre rubrique… j’arrive justement à l’instant même de la maison d’Apt pour essayer de sauver qq souvenirs, mais le manque de place m’oblige à en abandonner une grande partie sur place… c’est peut être pas plus mal… mais la douleur est toute fraîche, la vente de cette maison est un véritable scandale … je me souviens que mon père n’était pas très accueillant pour toi dans cette maison… ni d’ailleurs avec aucune de mes compagnes de l’époque… un jour il ta insultée sans te connaître, je lui ai donné une gifle spontanément, par réflexe… (c’était mon premier et seul geste de révolte, je n’avais jamais « fait » mon adolescence),  il m’a chassé… je ne suis pas parti… la vie à continué… j’aurais aimé changer ce genre de choses en « réhabilitant » la maison… il y avait tellement de place pour accueillir les amis et réparer… en ce moment des cris horribles s’élèvent de ma rue et rentrent par mes fenêtres ouvertes… j’aimerais partir d’Avignon, avoir ce jardin… heureusement il y a la beauté…
Les herbes folles avaient envahie le jardin et tout l’espace en général, de nouveaux arbres avaient poussé que je n’avais jamais remarqués, un deuxième tilleul, un autre cèdre du Liban déjà grand, près de la boîte à lettres du portail… d’autres arbres inconnus à la place du mûrier mort… il paraît que le Belge veut faire une piscine… j’ai aussi pris quelques pièces de moto, la selle de ma Velocette Thruxton , le feu rouge de la Ducati, les clignoteurs de la Triumph, le pare -cylindre de la Guzzi… tout ces organes que j’avais prélevés étant jeune pour imiter les « café racer » de l’époque… (les filles ne comprendront pas). J’ai abandonné aussi tous mes dessins des années beaux arts (tellement mauvais que j’aurais aimé les brûler)… j’ai gardé ceux d’Estelle… par pudeur j’ai pris toutes les lettres de mon premier amour  (Laura C, une Romaine) sans les relire, j’ai pris la bibliothèque vide, j’ai pris l’étagère en bois qui soutenait le poste de TSF où l’on écoutait obligatoirement le jeu des mille francs, j’ai pris le pétrin, j’ai pas pris mes bulletins scolaires, j’ai pas pris mes boîtes vides d’appareils photos, j’ai pris les assiettes Sarreguemines avec des fleurs bleus, j’ai laissé tout mes composants électroniques du temps où j’étais « dépanneur », j’ai pris mes disques noirs, j’ai donné le Revox à Thomas… je suis parti en laissant le portail ouvert… J-F

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grand-mère et moi, c’était sa maison…

VOEUX 2014

     … bientôt le 31 janvier minuit… le temps passe et je n’ai pas encore trouvé les justes mots pour répondre… et souhaiter mes voeux de nouvelle année… heureusement Ariane et Elsa sont là… ne coupez pas, je vous les passe…

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Cliquer ici pour « Les voeux d’Elsa » sur: http://www.youtube.com/watch?v=ruhO41TNNzM

 

                    À l’aube de cette année 2014, je vous souhaite beaucoup de bonheur. Une fois dit ça… qu’ai-je dit? Que souhaité-je vraiment ?
 Je m’explique : Je nous souhaite d’abord une fuite périlleuse et ensuite un immense chantier.
 D’abord fuir la peste de cette tristesse gluante, que par tombereaux entiers, tous les jours, on déverse sur nous, cette vase venimeuse, faite de haine de soi, de haine de l’autre, de méfiance de tout le monde, de ressentiments passifs et contagieux, d’amertumes stériles, de hargnes persécutoires. Fuir l’incrédulité ricanante, enflée de sa propre importance, fuir les triomphants prophètes de l’échec inévitable, fuir les pleureurs et vestales d’un passé avorté à jamais et barrant tout futur.
 Une fois réussie cette difficile évasion, je nous souhaite un chantier, un chantier colossal, pharaonique, himalayesque, inouï, surhumain parce que justement totalement humain. Le chantier des chantiers. Ce chantier sur la palissade duquel, dès les élections passées, nos élus s’empressent d’apposer l’écriteau : “Chantier Interdit Au Public“

Je crois que j’ose parler de la démocratie.
 Être consultés de temps à autre ne suffit plus. Plus du tout. Déclarons-nous, tous, responsables de tout. Entrons sur ce chantier. Pas besoin de violence. De cris, de rage. Pas besoin d’hostilité. Juste besoin de confiance. De regards. D’écoute. De constance. L’État, en l’occurrence, c’est nous.
 Ouvrons des laboratoires, ou rejoignons ceux, innombrables déjà, où, à tant de questions et de problèmes, des femmes et des hommes trouvent des réponses, imaginent et proposent des solutions qui ne demandent qu’à être expérimentées et mises en pratique, avec audace et prudence, avec confiance et exigence. Ajoutons partout, à celles qui existent déjà, des petites zones libres. Oui, de ces petits exemples courageux qui incitent au courage créatif.

Expérimentons, nous-mêmes, expérimentons, humblement, joyeusement et sans arrogance. Que l’échec soit notre professeur, pas notre censeur. Cent fois sur le métier remettons notre ouvrage. Scrutons nos éprouvettes minuscules ou nos alambics énormes afin de progresser concrètement dans notre recherche d’une meilleure société humaine. Car c’est du minuscule au cosmique que ce travail nous entraînera et entraîne déjà ceux qui s’y confrontent. Comme les poètes qui savent qu’il faut, tantôt écrire une ode à la tomate ou à la soupe de congre, tantôt écrire Les Châtiments. Sauver une herbe médicinale en Amazonie, garantir aux femmes la liberté, l’égalité, la vie souvent.
 Et surtout, surtout, disons à nos enfants qu’ils arrivent sur terre quasiment au début d’une histoire et non pas à sa fin désenchantée. Ils en sont encore aux tout premiers chapitres d’une longue et fabuleuse épopée dont ils seront, non pas les rouages muets, mais au contraire, les inévitables auteurs. Il faut qu’ils sachent que, ô merveille, ils ont une oeœuvre, faite de mille œ oeuvres, à accomplir, ensemble, avec leurs enfants et les enfants de leurs enfants. 
Disons-le, haut et fort, car, beaucoup d’entre eux ont entendu le contraire, et je crois, moi, que cela les désespère. Quel plus riche héritage pouvons-nous léguer à nos enfants que la joie de savoir que la genèse n’est pas encore terminée et qu’elle leur appartient.
 Qu’attendons-nous ? L’année 2014 ? La voici.

Ariane Mnouchkine  (Théâtre du Soleil)

c’est Elsa à 4 ans 1/2 sur la Place du Palais le 31 décembre

    Une photo de jeune en numérique ! youpi !  c’est Elsa à 4 ans 1/2 sur la Place du Palais le 31 décembre 2013, après (dans l’ordre) une barbe à papa, une crêpe au Nutella, 2 tours de manège, une « pompe à l’huile »… ça me fait penser qu’il faut que je réfléchisse à mes souhaits pour 2014… laisse tomber la photo? non !  c’est plus compliqué que ça… et puis c’est du passé, nous sommes déjà en 2014…

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Jean-François fais attention de ne pas laisser le silence s’installer

         Jean-François fais attention de ne pas laisser le silence s’installer… regarde la douceur de l’automne… arrête ta radio, éloigne toi des bavards… vis chaque minute tel que tu es, avec tes faiblesses, tes doutes et tes fautes d’orthographe… regarde Elsa s’amuser avec la vie..

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Elsa s’amusant avec la vie… Leica MP/2/35/mm/triX

IMPOTS – AGESSA

            15 jours de comptabilité non stop, presque sans sortir… l’horreur… tout à la main, à l’ancienne sur des cahiers à colonnes… je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec ma façon de travailler la photo comme au XIX siècle… pour le plaisir… mais pas le temps d’y penser il faut rendre sa déclaration 2035 demain … Elsa peint sur son papier à coté de mes papiers… tranquille… en relisant le mot « horreur » du début, il me revient à l’esprit le récit de vie de Marceline Loridan-Ivens, déportée au camp de Birkenau à l’âge de 15 ans… entendu hier sur France Inter… sa voix et son histoire me donnent beaucoup de force pour célébrer la vie et vivre le présent…

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Nikon D800E 24/70 125f4 2000 iso

« Vivre dans un monde sans repère »

       Le monde d’aujourd’hui ne sait plus nous fournir de repères. Devons-nous persister à les lui demander ?

« Pouvons nous prendre le risque de vivre hors des sentiers battus et des autoroutes toutes faites où rien ne se rencontre ? Pouvons nous risquer la liberté, c’est-à-dire assumer d’être soi et d’aimer sans calcul ? Comment le faire ? Comment surmonter la peur — et au premier chef celle de la grandeur et de la beauté ? Comment donner droit à l’urgence de la poésie ? »

         j’ai eu la chance d’aller à cette conférence de Fabrice Midal au théatre du Chêne noir d’Avignon … ces questions qui m’obsèdent mais aussi qui m’aident à vivre… des réponses…?

– être authentique… ?


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C’est la saison des dossiers…. je tente une résidence d’artiste sur le paysage…

..toujours en retard…. mon pdf est pourri… aucune chance…

arbres avec mon appareil prototype 3,5X6

film TriX tirage baryté  Agfa 111 + sulfuration

« la langue des oiseaux »

         « L’homme est une corde tendue entre l’animal et le surhomme, une corde au dessus d’un abîme »

           Ainsi commençait l’expo « DIE BRUCKE » sur l’origine de l’expressionnisme vue au musée de Grenoble… quand à Elsa, a 2 ans et 9 mois dans ses dessins expressionnistes apparaît déjà le « bonhomme »… parfois je la regarde et je pleure… ces mots de Nietzsche me reviennent souvent… la maman ne comprend pas de quoi je parle…

Ce blog est mon histoire en langue des oiseaux


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© Elsa 2 ans et 9 mois « le bonhomme »