Archives pour la catégorie Réflexion

Aveux pour les voeux 2017…

         Aveux pour les voeux… Nous sommes déjà le 31 janvier 2017 ! les mots ne venant pas je reprends ceux de Charlie… que mon cheval bleu les emporte…

cyanotype              « J’ai pardonné des erreurs presque impardonnables, j’ai essayé de remplacer des personnes irremplaçables et oublié des personnes inoubliables. J’ai agi par impulsion, j’ai été déçu par des gens que j’en croyais incapables, mais j’ai déçu des gens aussi.
 J’ai tenu quelqu’un dans mes bras pour le protéger.
 Je me suis fait des amis éternels.
 J’ai ri quand il ne le fallait pas.
 J’ai aimé et je l’ai été en retour, mais j’ai aussi été repoussé. 
J’ai été aimé et je n’ai pas su aimer.
 J’ai crié et sauté de tant de joies, j’ai vécu d’amour et fait des promesses éternelles, mais je me suis brisé le coeur, tant de fois!
 J’ai pleuré en écoutant de la musique ou en regardant des photos. 
J’ai téléphoné juste pour entendre une voix, je suis déjà tombé amoureux d’un sourire. 
J’ai déjà cru mourir par tant de nostalgie.
 J’ai eu peur de perdre quelqu’un de très spécial (que j’ai fini par perdre)… 
Mais j’ai survécu !
 Et je vis encore ! 
Et la vie, je ne m’en lasse pas… 
Et toi non plus tu ne devrais pas t’en lasser. Vis !!! 
Ce qui est vraiment bon, c’est de se battre avec persuasion, embrasser la vie et vivre avec passion, perdre avec classe et vaincre en osant… parce que le monde appartient à celui qui ose!
 La vie est beaucoup trop belle pour être insignifiante ! »
 – Charlie Chaplin –

I forgave mistakes almost unforgivable;
I tried to replace people irreplaceable;
I tried to forget people unforgettable;
I already did things for impulse
I have disappointed some people, and I have been disappointed by others.
I have hugged to protect someone
I have laughed when I couldn’t
I have made friends forever
I have loved and I have been loved, But I have also been rejected.
I have been loved, and I couldn’t love them back
I have screamed and jumped of happiness
I have lived on love and made eternal promises, but I have also broke them.
I have cried listening to music and looking at photos
I have called to hear a voice.
I have fallen for a smile
I have thought I was going to die of sadness …
I have felt the fear of losing someone special
And I ended up losing it…
But I have survived and I’m still Living
I don’t pass by life without enjoying it…
and You shouldn’t either… so…
LIVE, Enjoy, take the opportunities.
Be determined, hug life and live with passion
Lose with class and win with courage.
The World belongs to those who face no fear and life is very valuable to feel insignificant.

-Charlie Chaplin-

Pour tourner la page de 2016…

Elsa 7 ans

            Pour tourner la page de 2016, et aller vers l’énergie du “1” de 2017… une photo de ma fille Elsa 7 ans 1/2, comme ça, pour rien, avec ses cheveux courts elle ressemble un peu à Anna Akhmatova la poétesse Russe… ensemble nous sommes allé voir « la jeune fille sans mains », un chef d’oeuvre du film d’animation de Sébastien Laudenbach, et moi tout seul le lendemain, j’ai plané toute la journée après la vision du film “Paterson” le dernier Jim Jarmusch… d’une incroyable sensibilité… d’une infinie justesse… d’une infinie tendresse… le bonheur… je réalise aussi un peu plus la pauvreté de mes mots, pour exprimer un ressenti ou une expérience personnelle…

impro spontanée Butô/flûte/piano dans l’église haute désacralisée de Banon 04150

   Le Butô est la danse de l’instant, la danse de la vie… le danseur se laisse emporté de l’intérieur par ce qui le traverse … à l’expo de Banon où j’étais “de garde” Florence B vient à passer… prenant ma flûte et, avec la présence du piano il se met en place dans le silence et les mouvements des visiteurs une improvisation à travers les oeuvres et la magie du lieux …

L’exposition de Banon est prolongée jusqu’au 16 octobre 2016…

Expo Alexandre Hollan à Lodève & Yan Pei Ming à Sête

   Dimanche 11 septembre 2016, journée de “vacance” … voyage à Lodève pour l’expo de Alexandre Hollan…
Si j’ai trouvé l’expo un peu “maigre” au niveau du nombre des oeuvres exposées, j’ai découvert un homme de 83 ans beau, calme et serein, capable d’exprimer avec des mots justes la complexité de l’Homme, de son acte créatif face à son sujet obsessionnel que sont les arbres… ce que je partage avec lui… moi j’ai du mal à accepter la différence entre le sentiment que je vis au moment de la prise de vue et la réalité de ma perception après le développement et le tirage… c’est ce qui me pousse après coup à chercher avec des procédés “alternatifs” à réinterpréter pour retrouver cette énergie primordiale ressentie sur le terrain… mais je n’arrive pas à en parler comme lui…

je le cite.
– Appel de la profondeur, car le monde quotidien est sans lumière, même quand le soleil inonde mon atelier. Oui je crois que les ténèbres c’est “moi”, ma peur, ma vanité, ma ruse, mes amours, mon art… et je dois faire avec”, je dois les traverser pour atteindre la lumière, peut-être. C’est si important de ne pas me confondre avec moi même. (8.10.91)
Le monde autre qu’humain, le monde de la nature est habité par l’inconnu. Certains arbres sont des portes (10.89)
L’arbre existe sans moi. Devant l’arbre ma chance est d’entrer directement en contact avec l’inconnu, avec le “pas moi”. Cela donne un sentiment de liberté. (8.93)

       « Dans ces notes sur la peinture et le dessin qui interrogent au plus près de son surgissement l’expérience picturale, Alexandre Hollan réfléchit en poète sur cette “force nouvelle” qui émane des impressions produites par le monde extérieur, une force “qu’il faut comprendre et sauver »
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Ensuite les petites routes nous mènent à Sète, avec les premières effluves de la mer que nous ne goutons pas… direction le CRAC ! pour l’expo Yian Pei-Ming… au titre évocateur de “Ruines du temps réel”… peintures récentes de 2013 à 2016 réalisées pour son exposition à Rome.
Géant ! presque tout en noir et blanc…
Je cite un passage de la feuille de visite remise aux spectateurs…
– « Des  paysages, à la résonance intemporelle, révèlent toute leur puissance allégorique. L’enfouissement ou le surgissement des formes figuratives dans la matière picturale et la couleur de l’heure bleue évoquent un monde à la dérive. le titre de l’oeuvre “Paysage international , nouveau lieu du crime” déstabilise la réalité picturale de ce que nous voyons. La fresque animalière “A l’est d’Eden », représentant une scène de bataille entre des animaux prédateurs et leurs proies, est une métaphore des combats actuels, liée au récit des origines… » je réalise que c’est un grand peintre en me rapprochant d’une toile de 5 m x 10 m et en regardant les détails faits spontanément au trait et sans retouche… là j’ai pensé à faire quelques photos de prés avec mon petit appareil numérique, et j’ai attrapé ce singe.

Yan Pei-Ming

Yan Pei-Ming (détail)

Pas trop envie

             Pas trop envie de dire “bonne année” cette année… parce que je l’avais déjà dit l’année dernière…
Le climat actuel m’oblige une certaine relecture dans mes habituels voeux de nouvel an, et j’ai souvent et même toujours des difficultés à les formuler de façon juste… en ce moment je tombe par ci par là, sur diverses réflexions… je vous transmet aujourd’hui (pour reculer l’échéance ? ) les “nouv’ailes du neuf ” d’un ami artiste que j’aime lire…
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DES NOUV’AILES DU NEUF #5

Comme en terre.
Comment taire … l’envie de silence face au tumulte et au vacarme du monde et de sa complexité?
En continuant à écrire et à dessiner pour faire remonter l’encre sur les pentes de la joie de vivre…. Peu de temps après les assassinats de Charlie, une amie m’avait demandé de faire un dessin à propos de ces attentats. Sur le coup, j’en fus bien incapable. Et puis, après être allé voir l’Humour à mort, le documentaire de Daniel Leconte et continué à regarder pas loin de mon écran l’autocollant “Je suis Charlie”, est venue dans les pas silencieux de mon crayon cette image que je vous livre avec ces Nouv’ailes. Et j’y ajoute une autre, plus personnelle, liée à la rencontre avec Tignous au Festival du Vent à Calvi en 1997.

Il y a tellement d’urgence dans l’air et dans le climat de l’ère qu’il est urgent de n’en plus parler, mais de faire… Mais comment pourra-t-on réparer les siècles d’humiliation que nous avons commis… “Nous refusons de voir que par notre hauteur, notre suffisance, notre morgue, notre avidité, notre cupidité, notre manière de lâcher les bombes puis de partir tranquillement au cinéma, nous avons nous-mêmes engendré ces monstres. Mais il ne faut pas être candide : ce n’est pas pour les civiliser que nous les tuerons, c’est parce qu’il nous font peur. Ce n’est pas avec nos belles valeurs que nous les tuerons, c’est avec nos armes. Et pour ce faire, il faut embrasser au moins provisoirement les mêmes valeurs “primitives” qu’eux: celles de la survie de soi et de la haine pour l’autre” (Nancy Houston , dans le journal Le Un du 6 janvier 2016).

Je me souviens du 9 janvier 2015. Au moment de l’assaut de l’Hyper Casher, je faisis quelques courses dans la supérette de mon quartier. Quatre jeunes gens, barbus et djellabah, faisaient quelques courses et riaient haut et fort. Je me souviens des regards quelque peu gênés des autres clients dont une bonne part de religion musulmane… Un silence se creusa sur le tapis roulant de la caissière.

Comment sculpter des nuages d’encens dansants?

Je me souviens du premier Noël qui m’offrit mon premier train même pas électrique, resplendissant sur la couverture rose fuschia du paquet cadeau. Je fus, sans oser le dire, tout déçu en soulevant le couvercle qui révéla quelques rails métalliques et une locomotive en plastique qui n’avaient pas grand chose à voir avec l’image sur l’emballage. Ce fut là sans doute mon premier vaccin anti pub…

Comment s’appelle la femelle du hamster?

Vu avec intérêt l’exposition “Une Brève Histoire de l’Avenir” au Louvre d’après le livre de Jacques Attali… Ou comment l’homme a toujours cherché à deviner de quoi sera fait le temps demain. Avez-vous remarqué qu’on ne vérifie jamais la justesse des prévisions météo d’hier et d’avant hier. Comme si on avait davantage besoin de l’existence de ce moderne oracle plutôt que de son exactitude.
Dans les pièces de toutes époques exposées, figuraient trois fragments de bronze de Rodin retrouvés dans les décombres du World Trade Center, qui abritait la collection Cantor, plus important groupe nord américain d’œuvres du sculpteur. Ces fragments appartenaient aux Ombres, groupe sculpté qui domine La Porte de l’Enfer. Ce groupe symbolise le désespoir qui étreint les Damnés et incarne la célèbre phrase du poète Dante “Vous qui entrez, laissez toute espérance”.
Alors je suis allé au Musée du Quai Branly voir les expositons “Sépik, arts de Papouasie-Nouvelle Guinée” et “Esthétique de l’Amour” qui présente les beaux objets de ceux qui vivent sur les bords de ce fleuve d’Asie Extrème Orientale.

La femelle du hamster s’appelle … Amsterdam.

Je me souviens qu’au sommet des films du mois, j’ai vu le bien nommé “Au delà des Montagnes” de Jia Zhang-Ke, dont j’avais déjà adoré l’an passé “A Touch of Sin”. Et qui m’a donné envie de relire “Le Dit de Tian Yi” de François Cheng.
J’ai vu et aimé aussi Back Home, Le Grand Jeu et La vie très privée de Monsieur Sim. Et le soir du réveilon de Noël, le très beau noir et blanc de “L’Étreinte du Serpent”, film colombien de Ciro Guerra, une histoire de deux explorations de l’Amazone qui se répondent à 40 ans d’intervalle, au début et au mitan du XXème siècle.

“Il faut pacifier” dit l’explorateur.”Il ne faut pas s’y fier” répond l’indien.

Je me souviens, c’était un lundi matin, je prenais le train en gare de Brétigny-sur-Orge et j’appris à la Une d’un journal qu’il venait d’être assassiné par un extrèmiste juif. . Et avec lui les accords d’Oslo. Alors je suis allé voir “Le Dernier Jour d’Yitzhak Rabin”, le film d’Amos Gitai et ai été effaré en voyant comment déjà, à l’époque le cynique Netanyahou attisait la haine dont on voit les résultats vingt ans plus tard.

Dans les lectures du passage du solstice, quelques nouvelle de Raymon Carver et de Russel Banks, mais surtout les retrouvailles avec Harry Hole dans “Police” de Jo Nesbø. Cela me valut un beau moment de complicité et de partage dans un wagon du métro parisien et quelques nuits heureusement longues à “page-turner” cette belle mécanique de précision policière et littéraire.

Continuez moi l’envoi de poèmes, ils sauront comment dire l’écho de ce comment taire…

Pour faire revenir à la première personne du singulier le présent indicatif du verbe ouïr.

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« la disparition des lucioles »

         Mardi 25 novembre, dernier jour de l’exposition « la disparition des lucioles » à l’ancienne prison St Anne du centre ville d’Avignon… je me souviens, enfant, je mettais les lucioles dans un bocal pour faire des lampes de poche… il me reste aussi ces souvenirs étranges qui datent seulement d’une douzaine d’années… C’était en fonction de la direction du vent… De mon appartement dans le quartier des Carmes, on entendait les cris des familles qui tombaient du rocher des Doms vers la ville… ça dérangeait nos bonnes consciences… c’était avant la disparition des lucioles… aujourd’hui il était important pour moi d’aller voir cet endroit, mais je regrette de le faire le dernier jour… comme d’habitude…

Cette exposition me laisse une impression étrange … impression différente selon le regard que j’ y pose… 
Si certaines oeuvres anciennes de la collection Lambert ou de l’italien Enea Righi fonctionnent comme par magie avec le lieu, je remarque qu’il y a eu très peu d’oeuvres de commandes, comme par exemple la belle installation en triptyque de Yan Pei-Ming , réalisées spécifiquement pour cet événement, et ça c’est dommage… j’avais parfois aussi le sentiment que l’accrochage avait été fait par nécessité de remplir les cellules, ou pour faire de la place pour les travaux des futurs locaux de la Collection Lambert … en tout cas pour moi, certaines oeuvres étaient là sans raison, sauf celle de remplir l’espace, et cette accumulation tendait à égarer le spectateur… Combien de visiteurs fatigués ont pris le temps de regarder les 2 seules vidéos de témoignages de détenus et les quelques documents d’archives assez bouleversants… 
Je me pose la question comme beaucoup sur l’avenir de ce lieu de mémoire… mais nous sommes déjà après la disparition des lucioles… à une époque où on nous demande juste de cliquer sur un bouton unique … on n’entend plus les cris mais les cris sont toujours là…

Yan Pei-Ming-72dpi_2386oeuvre de Yan Pei-Ming, une des trop rares commandes de cette exposition…

… PARTAGER ?

72Elsa et s copine vont au Gardon

… partager avec vous cette photo d’Elsa et sa copine qui marchent vers la lumière… un festival d’Avignon bizarre… ses affiches bêtes comme une mauvaise série de tv que je n’ai pas… les hurlements des matchs de foot ont cessés bien avant la fin… pas de feux d’artifice…  mais beaucoup d’artifices… les acteurs se « tractent » entre eux… les gens mangent leur glaces… les gens n’osent pas rentrer dans mon atelier… je me retire sur mon toit…. j’ai toujours la blessure de la maison… de la famille… j’observe Elsa dans ses joies simples… j’ai lu tout les livres… je sais tout… je sais que je ne sais rien…

La maison d’Apt suite et fin…

Extrait du commentaire: 
Une tendre pensée… cette maison… toi… Apt… l’enfance… nos mères… nos deuils… et puis un tas de souvenirs… des photos prises dans le jardin. M F

Amie disparue, très étrange de lire de tes nouvelles aujourd’hui par hasard via ce commentaire dans une autre rubrique… j’arrive justement à l’instant même de la maison d’Apt pour essayer de sauver qq souvenirs, mais le manque de place m’oblige à en abandonner une grande partie sur place… c’est peut être pas plus mal… mais la douleur est toute fraîche, la vente de cette maison est un véritable scandale … je me souviens que mon père n’était pas très accueillant pour toi dans cette maison… ni d’ailleurs avec aucune de mes compagnes de l’époque… un jour il ta insultée sans te connaître, je lui ai donné une gifle spontanément, par réflexe… (c’était mon premier et seul geste de révolte, je n’avais jamais « fait » mon adolescence),  il m’a chassé… je ne suis pas parti… la vie à continué… j’aurais aimé changer ce genre de choses en « réhabilitant » la maison… il y avait tellement de place pour accueillir les amis et réparer… en ce moment des cris horribles s’élèvent de ma rue et rentrent par mes fenêtres ouvertes… j’aimerais partir d’Avignon, avoir ce jardin… heureusement il y a la beauté…
Les herbes folles avaient envahie le jardin et tout l’espace en général, de nouveaux arbres avaient poussé que je n’avais jamais remarqués, un deuxième tilleul, un autre cèdre du Liban déjà grand, près de la boîte à lettres du portail… d’autres arbres inconnus à la place du mûrier mort… il paraît que le Belge veut faire une piscine… j’ai aussi pris quelques pièces de moto, la selle de ma Velocette Thruxton , le feu rouge de la Ducati, les clignoteurs de la Triumph, le pare -cylindre de la Guzzi… tout ces organes que j’avais prélevés étant jeune pour imiter les « café racer » de l’époque… (les filles ne comprendront pas). J’ai abandonné aussi tous mes dessins des années beaux arts (tellement mauvais que j’aurais aimé les brûler)… j’ai gardé ceux d’Estelle… par pudeur j’ai pris toutes les lettres de mon premier amour  (Laura C, une Romaine) sans les relire, j’ai pris la bibliothèque vide, j’ai pris l’étagère en bois qui soutenait le poste de TSF où l’on écoutait obligatoirement le jeu des mille francs, j’ai pris le pétrin, j’ai pas pris mes bulletins scolaires, j’ai pas pris mes boîtes vides d’appareils photos, j’ai pris les assiettes Sarreguemines avec des fleurs bleus, j’ai laissé tout mes composants électroniques du temps où j’étais « dépanneur », j’ai pris mes disques noirs, j’ai donné le Revox à Thomas… je suis parti en laissant le portail ouvert… J-F

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grand-mère et moi, c’était sa maison…