tirage Platine/Palladium, hommage à Alain Suied

Platine-Palladium© jf Cholley. Ballade en solitaire sur le Contadour.  Leica M . 2/35mm Trix 400 tirage sur Arche au Platine Palladium

Dans les formes et les mirages de la matière
nous sommes prisonniers
de notre élan, de notre attente
la plus secrète, de la première
échappée.

En silence
l’amour t’élève, t’emporte
et soudain disparaît dans le soleil
du réveil. En silence
le monde respire et meurt
et s’abîme dans les espaces.
En silence
je frôle ta souffrance et je parcours
ton histoire inconnue
mais je ne peux trouver
la formule de ta délivrance:
nous avons perdu la langue
sans vocable de la naissance.

Deviens étoile : tu le peux.
je monte vers ta lumière morte.
Et soudain l’aube viens de naître
dans ta blessure oubliée.

La parole est toujours en-trop.
Elle invente ma liberté
quand le regard sait déjà
que le piège humain est scellé.

Aliénés au rythme du monde
nous croyons nous divertir
de sa noire partition
abusés par l’ordre convenu
et par nos désirs incertains
nous prétendons traverser
le mur des apparences.

La parole est toujours en-trop.
Même quand nous gisons, affaiblis
écrasés sous le poids de nos illusions
elle trouve une voie
invisible, elle suit le fil inaperçu
où glissera, funambule
le fantôme de notre rêve aboli.

Alain Suied “Laisser partir”

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