La maison d’Apt suite et fin…

Extrait du commentaire: 
Une tendre pensée… cette maison… toi… Apt… l’enfance… nos mères… nos deuils… et puis un tas de souvenirs… des photos prises dans le jardin. M F

Amie disparue, très étrange de lire de tes nouvelles aujourd’hui par hasard via ce commentaire dans une autre rubrique… j’arrive justement à l’instant même de la maison d’Apt pour essayer de sauver qq souvenirs, mais le manque de place m’oblige à en abandonner une grande partie sur place… c’est peut être pas plus mal… mais la douleur est toute fraîche, la vente de cette maison est un véritable scandale … je me souviens que mon père n’était pas très accueillant pour toi dans cette maison… ni d’ailleurs avec aucune de mes compagnes de l’époque… un jour il ta insultée sans te connaître, je lui ai donné une gifle spontanément, par réflexe… (c’était mon premier et seul geste de révolte, je n’avais jamais « fait » mon adolescence),  il m’a chassé… je ne suis pas parti… la vie à continué… j’aurais aimé changer ce genre de choses en « réhabilitant » la maison… il y avait tellement de place pour accueillir les amis et réparer… en ce moment des cris horribles s’élèvent de ma rue et rentrent par mes fenêtres ouvertes… j’aimerais partir d’Avignon, avoir ce jardin… heureusement il y a la beauté…
Les herbes folles avaient envahie le jardin et tout l’espace en général, de nouveaux arbres avaient poussé que je n’avais jamais remarqués, un deuxième tilleul, un autre cèdre du Liban déjà grand, près de la boîte à lettres du portail… d’autres arbres inconnus à la place du mûrier mort… il paraît que le Belge veut faire une piscine… j’ai aussi pris quelques pièces de moto, la selle de ma Velocette Thruxton , le feu rouge de la Ducati, les clignoteurs de la Triumph, le pare -cylindre de la Guzzi… tout ces organes que j’avais prélevés étant jeune pour imiter les « café racer » de l’époque… (les filles ne comprendront pas). J’ai abandonné aussi tous mes dessins des années beaux arts (tellement mauvais que j’aurais aimé les brûler)… j’ai gardé ceux d’Estelle… par pudeur j’ai pris toutes les lettres de mon premier amour  (Laura C, une Romaine) sans les relire, j’ai pris la bibliothèque vide, j’ai pris l’étagère en bois qui soutenait le poste de TSF où l’on écoutait obligatoirement le jeu des mille francs, j’ai pris le pétrin, j’ai pas pris mes bulletins scolaires, j’ai pas pris mes boîtes vides d’appareils photos, j’ai pris les assiettes Sarreguemines avec des fleurs bleus, j’ai laissé tout mes composants électroniques du temps où j’étais « dépanneur », j’ai pris mes disques noirs, j’ai donné le Revox à Thomas… je suis parti en laissant le portail ouvert… J-F

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grand-mère et moi, c’était sa maison…

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