de Pina Bausch à Josef Nadj

      Je sors assez bouleversé du film documentaire d’Anne Linsel et Rainer Hoffman, sur la dernière création de Pina Bausch maintenant disparu… bizarrement j’avais souvent les larmes aux yeux… je ne sais pas vraiment pourquoi… peut être l’émotion de voir ces jeunes ados trouver du sens dans cette expérience créative, avec leurs limites, leurs problèmes, leurs convictions… on sent qu’ils sont en train de construire… de se construire… et qu’il y à quelque chose ou quelqu’un en face, quelque chose de solide et de vrais…  qui appelle le don de soi…  une oeuvre  en devenir…

Et puis il y a cette esthétique du mouvement, des attitudes, merveilleusement filmé… Pourquoi je n’ai plus cette émotion dans les spectacles de danses que je vois aujourd’hui? pourtant je suis le même… Avant hier j’étais à la séance photo de Nadj… il y à eu de beaux moments visuels, toujours tres « Plastique »… mais je n’ai pas pleuré, loin de là… et puis c’était toujours lui avec ses limites et ses habitudes… justement l’idée géniale de Pina Bausch c’est de redistribuer les rôles de « Kontakthof » à ces jeunes ados non danseurs, … Je suis sorti de là, plein d’espoir pour le monde…                            

Nadj 1141

©jf Cholley « les corbeaux » J Nadj

3 femmes

  Samedi soir le 10 juillet 2010… j’écris avec mes fautes… donner à manger d’une main la soupe à Elsa, ma fille d’un an  sur mes genoux…. et de l’autre à sa mère, 92 ans sur un fauteuil roulant… la même soupe… l’une grogne, l’autre rit… l’une se plie l’autre se déplie… le lendemain, l’une se réveille joyeuse à l’aube, l’autre il faut la réveiller de force dans l ‘après-midi… dénouer les os un à un… éviter les morsures, accepter les cris… d’autres cris… pas les mêmes… il faut le voir pour le croire… je suis juste un remplaçant occasionnel… de passage… vivre 24h avec une personne âgée… nous les hommes nous sommes lâches… nous fermons les yeux, détournons la tête, nous ne voulons pas voir… nous sommes des lâches… les femmes, les mères, les filles sont là… toujours là… il faut le reconnaître, je leur rends hommage…
Elle ne veut plus vivre, plus manger… elle attendait que la famille se réconcilie… elle n’en peut plus… le fils ne reviendra pas… elle va mourir…

3femmesover-blog est en panne depuis 15 jours impossible de publier de nouvelles photos… désolant…

Vieux Père (suite)

Dés l’âge de six ans, j’ai commencé à dessiner toutes sortes de choses. À cinquante ans j’ai publié de nombreux dessins, mais rien de ce que j’ai fait avant ma soixante dixième année ne mérite vraiment qu’on en parle.
C’est à soixante-treize ans que j’ai commencé à comprendre la véritable forme des animaux, des oiseaux, des insectes et des poissons, et la nature des plantes et des arbres.
Ainsi, à quatre-ving-six ans. j’aurai encore progressé ; à quatre-vingt-dix ans, j’aurais pénétré plus avant l’essence de l’art.
À cent ans, j’aurai peu-être atteint le niveau du merveilleux et du divin. Quand j’aurai cent dix ans, chaque point, chaque ligne de mes dessins possédera sa vie propre.
Si je pouvais exprimer un voeu, je demanderai à ceux qui me suivront de constater que je disais vrai.
Signé « Manji » le viel homme fou de peinture ».

KATSUSHIKA HOKUSAI

 

Paysage Vieux père © jf Cholley… Je travaille sur la maquette des pages du catalogue de l’exposition de cet été en Sarthe »…