LE VISAGE HUMAIN 6

S’il est devenu si difficile de faire un portrait, c’est parce que le visage n’a plus de statut clair. Il a toujours résisté a tout pouvoir, mais maintenant, en plus, il se soustrait à l’humanisme. Il s’exprime toujours, derrière le signe, mais ce qu’on reconnaît en lui, ce à quoi l’on sourit, est devenu inexprimable, inconnu. C’est comme si l’on devait s’habituer à une nouvelle sorte de nudité, indépendante de sa forme. Ce visage que la photographie peut reproduire parfaitement n’évoque plus l’humain dans sa simplicité, mais une empreinte sans usage, détachée de la parole.
Artaud rejoint la tradition yahvique au point où le visage se distingue de la face. Les vrais traits ne sont pas visibles.

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ELSA 3 MOIS 3/4


Sur son tapis volant, Elsa regarde passer les oiseaux, je suis debout dans les nuages, en équilibre sur le tabouret noir du piano… je regarde en bas… je prends une photo en tombant…

Sur la photo suivante, on voit Elsa qui se regarde passer,  portée par les bras de son père… elle sourit au bébé qui lui sourit dans le miroir de la salle de bains… elle ne sait pas encore que c’est elle… et ça la fait rire… je prends une photo en passant…

Sur une autre photo… la vie continue… Elsa 3 mois 3/4… Émoi au 3/4 de ma vie…

LES RUES D’AVIGNON

Il fut un temps où je courais dans les rues d’Avignon à la recherche de la lumière… à essayer de la faire coïncider avec la ligne de mon coeur… ça faisait une image…. à l’époque on ne réfléchissait pas plus que ça…. c’était simple , c’était cet alignement qui faisait la photo… c’était mon école…
Guy Bornand le poète alignait aussi des mots avec la lumière… nous avons fait un livre sur les rues d’Avignon…

Avec les pierres,
perdons-nous au coeur de l’édifice,
là où, déjà, se trouve,
comme en filigrane
dans la pâte même de l’éternité,
le tracé lumineux
de nos vies à venir
Guy Bornand

LE VENT D’AVIGNON

Je franchis la Porte de la Ligne, le vent du Rhône s’engouffre sous la peau de mes yeux en larmes, virevolte dans mes oreilles, caresse les parties nues de ma chair,  de mes joues,  de mes cheveux absents,  bruits sourds  dans mes oreilles, frissonnement de ma chair de poulet sous mes vêtements… Le vent se calme, la sensation disparaît, le sens du toucher disparaît, comment décrire cette sensation du toucher quand elle vient du vent, que ce n’est pas moi qui touche, que ce qui me touche n’a pas vraiment de contact physique… accepter le vent… tournoiement des idées dans ma tête… Comment photographier le vent  sans le trahir?

Leica MP Héliar 15 mm TriX

ELSA, 3 MOIS AUJOURD’HUI…

Bien sûr je pourrais vous donner ses mensurations mais ça dépend tellement de comment elle gigote et de comment on tire sur ses jambes, que ça peut varier du simple au double… quand au poids elle prend 21,43 gr par jour… ça dépend donc de l’heure de la tétée et si on la pèse avec les couches pleines ou avec les couches vides… en tous cas on ne peut plus le faire sur la balance de produits chimiques de mon labo, elle a explosé la tare de 4 kg… pour vous la décrire j’ai enfin réussi à la prendre en photo simplement, avec les yeux ouverts, avec le sourire… là voilà, c’est Elsa, 3 mois, du bon côté de la vie…

..de l’autre coté je vous propose la page 186 du guide à l’usage des parents (édition Jacob de Laffont)
 « Avant 6 mois c’est le stade de l’activité motrice, réflexe avec adaptation sociale progressive des réponses motrices et agitation diffuse lors des émotions. La vie psychique du bébé se traduit par des mouvements sans coordination ni but externe. Une évolution n’est possible que par le rapport dialectique entre les facteurs neurobiologiques de maturation et les facteurs sociaux de relation (action de l’entourage familial) qui sert d’intermédiaire entre le physiologique et le psychique. »
Je vous laisse réfléchir la dessus…

C’était la première fois que j’endormais Elsa avec un biberon…

C’était la première fois que j’endormais Elsa avec un biberon… moment émouvant… c’est assez long… elle te regarde avec ses yeux, tout en dévorant son lait… tu te demandes si tu fais bien, si la tétine a le bon angle, si ta main ne lui écrase pas la tête… impression de la tenir comme un sac de patates… Je dis ça mais elle, elle ne dit rien … elle avale sans problème dans un bruit inquiétant de tuyauteries… puis ça se calme, peu à peu… les yeux se ferment à moitié, moment fragile… on n’ose plus bouger, plus respirer… jusqu’à la douleur… la regarder dormir… c’est très beau… très calme… puis, oser la poser tout doucement… maintenir le contact avec un doigt encore plusieurs minutes… s’éloigner encore de quelques centimètres… se lever du lit sans faire bouger le matelas … descendre les escaliers en bois… regard complice de la mère… tu as réussi…

Alternative Process Workshop october 10 & 11

A MON ATELIER D’AVIGNON STAGE DE 2 JOURS les 10 & 11 octobre 2009:
SUR 3 TECHNIQUES DU XIX SIECLE

Theorie et pratique.

Une technique utilisant les sels de chrome (la gomme bichromatée) et les pigments naturels.
Une technique utilisant les sels de fer (cyanotype)
Une technique utilisant les sels d’argent (Van Dyck)

100/150 € la jounée en foncton du nombre de stagiaires, inscrvez vous rapidement…


             Cyanotype sur papier artisanal