REFUSÉ AU PARCOURS DE L’ART 2009 !

gomme bichromatée + pigment, © jf Cholley

Je ne pourrais pas exposer dans ma galerie dans le cadre du parcours de l’art en octobre 2009…

En 2008, je dépose un dossier de participation en proposant de travailler sur le thème de l’enfer et du paradis avec un artiste invité.
Nous n’avons pas encore commencé le travail… donc les oeuvres à exposer ne sont pas encore visibles… mais je suis quand même refusé sans demande de renseignements complémentaires…

PROJET PARCOURS DE L’ART 2009: (PJ: 1 CD de 12 photos + CV)
Evocation très libre de l’Enfer et du Paradis, à travers mon histoire personnelle et des textes de Dante à Lévinas… (techniques mixtes).

Avec l’éventuelle participation de l’Artiste peintre Hélène Jacquier ( voir son dossier à part)

« Dans la continuation de ce travail sur le corps, ses tensions, ses lectures et ses déchiffrements, je souhaite développer en vue de cette exposition, la thématique des enfers et paradis construits dans l’immanence d’un rapport au corps, à l’autre, la confrontation à sa propre chute, à la rencontre ou à l’absence, au mutisme ou la révélation de sa nature, dans  l’infernale solitude ou dans l’élévation. » H.J.

 Lieux d’expositions: Atelier 11 rue Portail Matheron Avignon pour les petits formats
Autres lieux selon votre proposition pour de grands formats éventuels…
Peintures, photographies argentiques , techniques « alternatives » et techniques mixtes…

Il y à quelques jours, je reçois la réponse par cette lettre:

ref 23/09 – CP/CG
Bonjour,
Après un examen attentif des dossiers reçus, le comité de sélection n’a pu retenir le votre, malgré ses qualités évidentes, car plusieurs contraintes et limites s’imposent dans le choix des propositions artistiques pour réaliser cette manifestation.
Nous aurons cependant plaisir à vous rencontrer lors de votre visite du Parcours en octobre 2009.

Signé: Christiane Ponçon
et le Comité de sélection

Je demande un petit mot d’explication… pour ma culture générale… à suivre donc…


MATHILDE 8 ANS


J’aimais emjamber les longs fleuves, m’asseoir sur les nuages,
prendre dans mes bras le soleil, devenir mouche pour tout savoir en cachette,
grimper sur le toit d’un immeuble et crier, nager sur le dos d’un requin,
faire des bougies avec des mandarines, partir sur la lune à vélo,
me transformer en miroir pour que tout le monde se reconnaisse en moi.
Je n’ai guère changé : J’aime voyager assise sur les ailes d’un avion,
sauter en parachute, être la terre pour que le soleil me tourne autour,
graver en gros le mot amour sur la muraille de Chine,
aider tous ceux qui en ont besoin,
tout faire, tout voir, tout savoir et tout aimer.

Mathilde 8 ans

A LA FEMME ATTRISTÉE…


auto-portrait…(plus jeune!)… en saint ! gomme bichromatée


A la femme attristée par mes propos d’homme enceint… je t’offre ces quelques vers de Pétrarque… il n’y à que la poésie pour exprimer ces paradoxes d’hommes… d’anges… de démons…


« Nulle paix je ne trouve, et je n’ai pas de guerre à faire :
Je crains et j’espère ; je brûle et je suis de glace.
Et je vole au plus haut des cieux, et je gis à terre ;
Et je n’étreins nulle chose, et j’embrasse le monde entier.

Qui me garde en prison la porte ne m’ouvre ni ne ferme,
Ni ne me tient pour sien, ni ne défait les liens ;
Amour ne me tue pas et ne m’ôte pas mes fers,
Ne me veut pas vivant, et ne vient pas à mon secours.

Je vois et n’ai point d’yeux, et sans langue je crie ;
Et je désire périr, et demande de l’aide ;
Et pour moi je n’ai que haine et pour autrui qu’amour »

LE VISAGE HUMAIN


Le visage humain à toujours été un grand mystère et un grand paysage dans lequel je pénètre avec mon appareil photo… mais le mystère reste complet… je vous livre ce texte de Lévinas.

« Le visage se refuse à la possession, à mes pouvoirs. Dans son épiphanie, dans l’expression, le sensible, encore saisissable se mue  en résistance totale à la prise. Cette mutation ne se peut que par l’ouverture d’une dimension nouvelle. En effet, la résistance à la prise ne se produit pas comme une résistance insurmontable comme dureté du rocher contre lequel l’effort de la main se brise, comme l’éloignement d’une étoile dans l’immensité de l’espace. L’expression que le visage introduit dans le monde ne défie pas la faiblesse de mes pouvoirs, mais mon pouvoir de pouvoir. Le visage, encore choses parmi les choses, perce la forme qui cependant le délimite. Ce qui veut dire concrètement : le visage me parle et par là m’invite à une relation sans commune mesure avec un pouvoir qui s’exerce, fût-il jouissance ou connaissance. « 

Emmanuel Levinas, Totalité et infini, Martinius Nijhoff, 1961, p.172

FRANZ SHUBERT Fantaisie en fa mineur D 940


Opéra d’Avignon mardi 12 mai 2009. Katia et Marielle Labèque, piano à 4 mains… J’y vais seul avec mes 2 mains dans les poches… le foetus n’aura encore  pas entendu Shubert… comment partager l’émotion… comment parler sans les trahir des choses simples… la vie de couple à ses limites… ses humeurs.. j’ai longtemps vécu sans ses limites… j’expérimente les limites… A travers mes jumelles, du haut de la 4° galerie (le poulailler en fait), j’écoute ces deux soeurs enlacées qui jouent sur deux Steinways enlacés… J’aurais aimé que le foetus entende… Allegro molto moderato…  « il existe peu d’ouverture aussi envoûtante que celle ci… un thème aux rythmes pointés exhale doucement sa plainte… et au final l’Allegro vivace, ou réapparaît une dernière fois la mélodie initiale touchante et vulnérable, suivie d’une coda emplie d’une indéfinissable sensibilité. La musique retombe finalement et meurt résignée… » (dixit le programme en option à 4 €)…
Je rentre à la maison par la rue Carnot, tout le monde dort, il reste une petite bougie allumé sur la table… la vie continue…

QUATUOR A CORDES


Dimanche 4 mai à Entraigues.
Quatuor à cordes dans un lieux magnifique « la courroie » ancienne usine désaffectée avec une intéressante expo de photos de Geneviève Gleize… le jour décline, ambiance chaleureuse, feux de bois qui crépite…. Ludwig van Beethoven, quatuor opus 135 en Fa Majeur… je suis à quelques mètres des musiciens… j’aurais aimé que le foetus entende le troisième mouvement – assai lento, cantante e tranquillo – …. mais il n’était pas là…  aussi le Bartok, premier quatuor opus 7 de 1909 pour sa culture générale…. Ils ont terminé avec Mozart, quatuor KV 590…  là ils m’agaçaient un peu.. mais il parait que c’est bon pour le lait !!! …. la mère n’était toujours pas là… quand je pense que dans les années 80 je payais très cher une thérapie qui consistait à écouter du Mozart filtré comme l’entendrait un foetus dans le ventre de la mère… un comble… comment parler de la frustration du père avant de l’avoir été…

1 Mai 2009 – faites du travail !!!

© jf Cholley      

« J’aime mon métier.
Il permet une certaine activité cérébrale et un contact intéressant avec la nature humaine. J’ai ma vision du monde; je suis le premier à me servir de cette vision, au lieu de me servir d’une vision commune.
Ma sensibilité dépouille la réalité quotidienne de tous ses masques; et la voilà, telle qu’elle est: magique.
je suis un réaliste.
Il faut se servir de cette micheline comme Rabelais se servait d’une baleine.
Le reste est vanité, orgueil; et solitude: la vision commune est solitude. »

Jean Giono (Noé)