INDE DU SUD, JE ME SOUVIENS 1

je me souviens de ne plus pouvoir me débarrasser de l’odeur de poisson sur mes habits, je me souviens de la Royal Enfield sans frein, je me souviens des questions au sujet de mes cheveux, je me souviens des questions au sujet de ma compagne, je me souviens des questions au sujet de mes enfants que je n’avais pas, je me souviens que je m’amusais à tenir mes deux oreilles les bras croisés en oscillant la tête pour saluer Ganesh, je me souviens du Tilak entre les sourcils que voulaient sans cesse me mettre les prêtres, je me souviens de la peur de ne pas retrouver mes chaussures, je me souviens de toutes les photos que je n’ai pas osé prendre, je me souviens de mes regrets de n’être pas allé à Benares, je me souviens des milliers de km en bus et en trains, je me souviens de ne jamais m’arrêter, je me souviens d’avoir regretté de ne pas avoir travaillé davantage l’Anglais à l’école, je me souviens du harcelement des rickshaw à moteur, je me souviens d’avoir médité avec quelques indiens dans le sanctuaire de Vivékananda, impressionnant, je me souviens de l’attente pour apercevoir Swami Satchidananda qui allait bientôt mourir, il semblait déjà mort, je me souviens que les femmes et les hommes étaient séparés, je me souviens d’avoir tourné autour du Samadi de Ramdas avec les hommes, au début je n’osais pas, je me souviens de Marie qui voulait toujours garder le ventilateur en dormant, moi pas, je me souviens de me sentir seul en Inde, je me souviens d’être le seul à m’inquiéter de respecter notre budget journalier de 15 € tout compris par personne, je me souviens d’être « chiant », je me souviens du serveur Népalais qui aimait bien Marie, je me souviens des chiens qui aboyaient toute la nuit à Panaji, je me souviens de Marie qui donnait toutes notre monnaie au premier mendiant qui lui demandait, je me souviens des sleeping-bus trop bas pour tenir assis, je me souviens du premier café à Bruxelles qui nous à coûté le prix d’une journée passée en Inde, je me souviens de l’appartement en désordre en rentrant, signe d’un départ précipité, je me souviens des Indiens qui nous passaient devant aux guichets sans vergogne, je me souviens de toujours vouloir allé voir ailleurs comme dans toute ma vie, je me souviens des seins gonflés des divinités, je me souviens des chiens galeux, je me souviens de la machine très bizarre qui faisait du jus de cannes, je me souviens de « j’existe est la seule expérience indiscutable et permanente pour chacun de nous « , je me souviens d’être resté plusieurs semaines sans chier, je me souviens d’une journée de queue à l’hôpital de Vellore, je me souviens des « vestiges mystérieux de l’éphémère royaume de Vijayanagar à Hampi », je me souviens des femmes pleines de sang qui coupaient là tête des poissons, je me souviens des têtes des moutons morts posées sur l’étagère, je me souviens de cette belle femme qui méditait bien droite dans le temple, je me souviens de ce vieil homme en haillons sous son arbre, je me souviens des arbres sacrés pleins de vieux sacs plastique, je me souviens de « where do you come from », je me souviens de « tchai, tchai, tchai », je me souviens du vieux ricksaw trop faible pour pédaler, de mon mal aise, je me souviens du sourire du mendiant après la pièce, je me souviens d’un homme tronc qui nous gardait nos chaussures à Kaniakumari, je me souviens de mon 35mm qui dégringole les 12 marches d’un temple à Madurai et qui continue de fonctionner, je me souviens de l’impossibilité de trouver du poisson à manger au bord de la mer, je me souviens de notre première bière après un mois de voyage, je me souviens que nous sommes descendus au hasard du train après 20 heures de voyage, exténués, je me souviens des regards des Indiens qui regardaient Marie, je me souviens de la vallée d’Araku qui ressemblait aux Cévennes, je me souviens du potier, je me souviens du décor peint en trompe l’oeil du photographe, je me souviens de l’arrivé à Bombay de nuit avec tout ces corps allongés le long de la route, je me souviens du premier hôtel crasseux à l’arrivée qui nous semblait super au retour, je me souviens des cyber-café et de mon mot de passe impossible à retenir, je me souviens de mon « Wanadoo de merde », je me souviens du « Massala dossa », je me souviens du tchai dans les verres brûlants qu’on ne pouvait pas tenir à la main, je me souviens qu’on ne buvait jamais d’eau, je me souviens de l’attente de l’arrêt du bus pour pouvoir pisser, je me souviens des mains sales, je me souviens de la première pièce donnée à l’éléphant, peur qu’il te mange la main, je me souviens au petit matin des gens qui chiaient le long des voies ferrés, mine de rien, je me souviens …
jean-françois

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