REFLEXION SUR LA PHOTOGRAPHIE ARGENTIQUE VOEUX 2009


Avignon 11 janvier 2009, toutes ces actualités,  tous ces voeux et toutes ces photos numériques, ont suscités en moi quelques réflexions…

       – envoyer ses voeux – attendre que la paix revienne – attendre la neige – trouver un film vierge – charger l’appareil – sortir – attendre qu’il se passe quelque chose – rentrer – des questions plein la tête – demain comment photographier sans surface sensible – comment vivre en restant sensible – sensible: susceptible d’éprouver des sensations – sans images latentes – l’attente – attente: prêter attention, souhait non formulé – attendre pour développer – attendre pour révéler – c’est dans cette attente que se forment et se déforment les images – c’est dans le souvenir qu’elles s’idéalisent et qu’elles s’interprètent – que sera la photo sans cette attente – sans cette gestation – sans ces disparitions de la lumière à l’ombre
 – sans le négatif – sans le positif – sans ces oublis nécessaires à la mémoire – inconscient – le film, dans sa petite boite enroulé – pris dans la spirale du processus de développement – bains – température – tension entre les pinces plombées – coupe du ciseau – le risque de blessure est grand – puis choisir – tirer – interpréter –  ballet de petites mains – « mudras » compliqués de trous et de masques – de retenir et de laisser passer – d’ajouter et de soustraire – de passages tragiques dans le noir – de pertes de repères – de pudeur de naître dans cette obscurité – de mythes archaïques – de cavernes – de peur du rien – qu’il n’y ait rien – que le révélateur n’ait rien révélé, que le fixateur n’ait rien fixé – que l’image n’ait rien à te dire – que les paroles soient vides – toujours les mêmes peurs, après tout ce chemin – la vie continue – mes voeux arrivent enfin – pleins de questions, de tendresses et d’espoirs mêlés – la neige à fondue –

jean-françois Cholley. Photographe

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